Conférence nationale du handicap : pour l'UNSA, l'inclusion et l'accessibilité doivent devenir une réalité

le 07/09/2026


À l'occasion de la Conférence nationale du handicap (CNH), l'UNSA appelle les pouvoirs publics à passer des engagements aux actes. Éducation, emploi, logement, mobilité et droits des travailleurs handicapés doivent compter parmi les priorités d'une politique d'inclusion ambitieuse, fondée sur l'accessibilité, l'émancipation et la reconnaissance des compétences.

L'inclusion des personnes en situation de handicap doit se traduire concrètement dans tous les moments de la vie, et ce dès le plus jeune âge.

L'école comme puissant levier d'inclusion. L'UNSA se félicite que le Gouvernement réaffirme la nécessité de permettre à chaque enfant et à chaque jeune en situation de handicap d'accéder à l'école et de bénéficier d'une scolarisation effective et de qualité tout au long de son parcours y compris jusqu'à l'enseignement supérieur si tel est son choix. Cet accès est une condition essentielle pour favoriser l'autonomie et l'émancipation, mais aussi pour permettre demain l'accès à des emplois de qualité.

Cette ambition ne pourra toutefois être atteinte sans donner aux professionnels de l'Éducation nationale les moyens d'agir. Une école inclusive nécessite des moyens humains et financiers à la hauteur des besoins, mais aussi un véritable effort de formation des personnels. Il ne suffit pas de permettre l'accès à l'école : il faut donner aux équipes les moyens d'accueillir et d'accompagner efficacement tous les élèves.

L'accès à un emploi de qualité constitue un autre pilier essentiel à la construction d'une société inclusive et accessible. Ainsi, le travail - quand il est possible - peut être un puissant vecteur d'émancipation et d'autonomie. Mais cette émancipation ne peut être effective si les conditions de vie qui entourent l'emploi ne sont pas réunies.

Pouvoir se loger dignement, dans un habitat adapté à sa situation et à proximité de son lieu de travail, doit être une réalité. De même, l'accès à des transports accessibles et adaptés à tous les types de handicap est indispensable pour permettre à chacune et chacun de travailler et de participer pleinement à la vie sociale.

Éducation, emploi, logement et mobilité sont donc indissociables. Après des années de promesses dont la concrétisation demeure trop souvent insuffisante, pour l'UNSA ces priorités doivent désormais faire l'objet d'une mobilisation pleine et entière des pouvoirs publics. Les attentes des citoyens en situation de handicap sont fortes et légitimes car elles continuent de compliquer, parfois à l'extrême, le quotidien des personnes concernées.

La politique d'inclusion doit également s'appuyer sur l'accompagnement et la pleine reconnaissance des droits des travailleurs handicapés, qu'ils soient à la recherche d'un emploi, qu'ils exercent en milieu ordinaire ou en milieu protégé.

L'émancipation et la reconnaissance passent par la possibilité de s'exprimer, de participer et de revendiquer sur son activité professionnelle. Les travailleurs en milieu protégé doivent notamment pouvoir faire entendre leur voix sur leurs conditions de travail, leur qualité de vie au travail et les missions qui leur sont confiées. Ils doivent également pouvoir se représenter et être représentés en leur nom.

L'UNSA se félicite par ailleurs de l'annonce du Président de la République concernant l'extinction de la liste des emplois exigeant des conditions d'aptitude particulières (ECAP). Cette annonce répond à une revendication que l'UNSA porte depuis de nombreuses années et constitue une avancée importante pour l'accès des travailleurs handicapés à l'ensemble des métiers.

Car au-delà de son caractère discriminant, ce dispositif ne prenait pas en compte les progrès techniques et technologiques qui permettent d'adapter les postes de travail et d'accompagner les travailleurs handicapés dans l'exercice de nombreux métiers. Il limitait ainsi des débouchés professionnels de personnes dont les compétences sont pourtant bien réelles.

L'UNSA sera donc particulièrement attentive à la concrétisation de cette annonce et à sa mise en œuvre effective. 

Au-delà de ces sujets, l'UNSA considère qu'il sera nécessaire d'ouvrir un débat de fond sur l'inclusion des travailleurs handicapés dans le monde du travail. Ce débat devra notamment porter sur l'avenir du financement de l'AGEFIPH et du FIPHFP et sur le niveau d'exigence que nous souhaitons collectivement poser en matière d'obligation d'emploi des travailleurs handicapés (OETH).

Enfin, notre organisation souhaite rappeler qu'en 2026, notre société cumule encore trop de retards et de lacunes pour permettre une réelle inclusion des personnes en situation de handicap et l'accessibilité à la société. Ainsi l'inclusion et l'accessibilité ne peuvent plus rester une déclaration de principe. Elle doit se traduire concrètement et doit trouver une place majeure dans les débats de société à venir et dans le monde du travail.

Pour l'UNSA, c'est à ces conditions que nous pourrons construire une société du vivre ensemble, où le handicap ne détermine ni les parcours scolaires, ni l'accès à l'emploi, ni les conditions de vie, ni la capacité de chacune et chacun à faire entendre sa voix.

 

Laurent Escure

Secrétaire général de l'UNSA