Mettre en avant le social, vite !

le 28/08/2024


Du fait de l'ÉlysĂ©e, 53 jours après le rĂ©sultat des lĂ©gislatives, 43 jours après la dĂ©mission du gouvernement, nous n'avons encore ni premier ministre, ni gouvernement. Pourtant le message des Ă©lecteurs Ă©tait clair : on veut tourner la page des politiques des annĂ©es prĂ©cĂ©dentes et on ne veut pas que l'extrĂŞme droite prenne le pouvoir.

Cette vacance de l'exécutif, qui se prolonge, abime notre démocratie. Cela accrédite l'idée que voter n'est pas utile et que le vote n'a que peu d'incidence sur la politique suivie.

Cette instabilité institutionnelle, organisée dès la dissolution de l'Assemblée nationale, ne peut que susciter de l'amertume et exacerber les insatisfactions de nombreux citoyens, contribuant ainsi au renforcement du Rassemblement National.

Par ailleurs, l'absence durable d'un gouvernement, normalement chargĂ© de l'intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral, a des consĂ©quences nĂ©gatives sur nos concitoyens les plus prĂ©caires. En effet, tout est gelĂ©. Les dossiers importants traitant les enjeux pour l'avenir sont au point mort (pouvoir d'achat, transformation Ă©cologique, amĂ©lioration des services publics...). Pourtant il y avait urgence en mai dernier, et cette urgence n'a pas disparu en dĂ©pit de la parenthèse enjouĂ©e des Jeux de Paris 2024.

De plus, l'absence d'interlocuteurs gouvernementaux interdit tout dialogue entre les organisations syndicales de fonctionnaires et les employeurs publics. Les évolutions salariales et l'amélioration des conditions de travail des fonctionnaires sont ainsi empêchées.

Loin des querelles ou des faux semblants, la responsabilité de nos gouvernants voire même leur devoir est autant d'apaiser la France, que de dresser des perspectives sociales. Bénéficier de la totalité des services publics et de l'accès aux soins de proximité et de qualité, d'une politique sociale puissante, de la sécurité, de schémas de transports adaptés et écologiques, d'un accès facilité à la culture doivent aussi faire partie des priorités d'un prochain gouvernement.

Pour l'UNSA, la bataille pour le social, l'Ă©cologie et la justice sociale est une urgence absolue car elle permettra d'ouvrir des lendemains plus apaisĂ©s, plus justes, plus fraternels et, en somme, plus joyeux.

Laurent Escure, secrétaire général de l'UNSA